Bien que connaissant de nom Semprun, je n’avais jamais eu l’occasion de le lire. Et de fait je ne savais pas grand-chose de lui. C’est en lisant la quatrième de couverture de ce livre en librairie que j’ai eu enfin le goût de l’ajouter à mes lectures. J’ai beaucoup aimé le résultat. Il fut déporté à Buchenwald en 1944 et libéré le 11 avril 1945. Mais il n’a pu écrire sur ces événements de sa vie que presque 50 ans plus tard, quand il s’est senti prêt à affronter la forme du livre auquel il avait pensé toutes ces années.

Il s’agit évidemment d’un récit comme il en existe beaucoup d’autres sur le même sujet de la déportation et de la survie aux camps allemands, mais j’ai été frappé par une phrase en particulier, qui dit ceci: «Le Mal est l’un des projets possibles de la liberté constitutive de l’humanité de l’homme… De la liberté où s’enracinent à la fois l’humanité et l’inhumanité de l’être humain…».

Un de mes questionnements dans la vie a justement été d’essayer de comprendre ce partage schizophrénique de l’être humain entre le Bien et le Mal. Comment l’Homme peut-il être à la fois si bon et si mauvais. Semprun le rattache à la notion de liberté constitutive de l’humain. Ça m’a frappé et touché cette notion de projets possibles. Je trouve ça intelligent.

Et ça m’a fait penser à un livre que j’ai lu il y a plusieurs années, un livre très intéressant aussi, de Rüdiger Safranski: Le Mal ou le Théâtre de la liberté (1997). Publié en poche au Livre de Poche, collection biblio essais 4332 en 2002.

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